Entre Mâcon et Lyon, les coteaux du Beaujolais descendent vers l'est en direction de la Saône, et dans le nord, les vignes sont plantées sur du granit rose altéré, sur du schiste et sur de la roche volcanique bleue. Ici ne pousse presque exclusivement que le gamay, un cépage qui, sur ces sols pauvres, donne des vins rouges d'une fraîcheur éclatante et finement structurés, aux arômes d'amarena, de violette et d'épices fraîches. À Morgon, des vignerons ont commencé au début des années quatre-vingt à travailler avec des levures indigènes et sans soufre ajouté, et aujourd'hui encore, ces villages produisent une quantité particulièrement importante de vins nature sérieux du Beaujolais, issus de l'agriculture biologique. Notre sélection provient des crus du nord, de Fleurie et Morgon jusqu'à Juliénas et Saint-Amour.
En savoir plus sur Beaujolais
Granite, schiste et les dix crus du Beaujolais
Le Beaujolais se divise en deux paysages. Au sud, autour des villages des Pierres Dorées, le calcaire et l'argile façonnent des collines plus douces. Au nord, les monts s'élèvent plus abruptement, et sur le granite et le schiste se trouvent les dix crus, chacun une appellation à part entière : Saint-Amour, Juliénas, Chénas, Moulin-à-Vent, Fleurie, Chiroubles, Morgon, Régnié, Brouilly et Côte de Brouilly. Le granite rose de Fleurie donne des vins parfumés et floraux ; Moulin-à-Vent pousse sur un granite veiné de manganèse et livre les gamays les plus aptes au vieillissement de la région. À Morgon, la roche de la Côte du Py se délite en un sol friable et ferrugineux qui offre aux vins fruit de cerise et profondeur, et au mont Brouilly la vigne repose sur une dure roche volcanique bleue. Chiroubles monte le plus haut et reste en conséquence frais et élancé.
Le gamay fermenté en grappes entières : une macération carbonique patiente
Le gamay a la peau fine, mûrit tôt et regorge de jus. Dans le Beaujolais, on le vendange traditionnellement à la main, car les raisins arrivent dans la cuve sous forme de grappes entières et intactes. Sous une couverture de gaz carbonique, la fermentation commence d'abord à l'intérieur des baies ; plus tard seulement les peaux éclatent et le moût poursuit sa fermentation avec ses levures sauvages. Dans sa forme sérieuse, cette macération carbonique dure souvent deux à trois semaines, après quoi les vins mûrissent en grands foudres. Naissent ainsi des crus denses et soyeux qui gagnent en épices au fil des années, tandis que le Beaujolais Nouveau, qui quitte les caves chaque mois de novembre, montre le visage précoce et joyeux du même raisin.
Comment le vin nature du Beaujolais est né à Morgon
À partir du milieu du XXe siècle, le chimiste et négociant Jules Chauvet étudia les levures sauvages et la fermentation en grappes entières, et plaida pour renoncer au soufre ajouté. Au début des années quatre-vingt, Marcel Lapierre reprit ces idées à Morgon et trouva des compagnons de route dans un petit groupe de vignerons amis. Ils travaillaient avec des raisins sains issus de sols vivants et labourés, en fermentation spontanée et sans filtration, et créèrent ainsi le modèle du vin nature moderne, bien au-delà de la France. Le Beaujolais reste aujourd'hui la région où agriculture biologique et vin nature vont le plus naturellement de pair.
Des climats de Fleurie, Juliénas et Moulin-à-Vent
Dans leur gamme Zen, les Bret Brothers vinifient du gamay issu de raisins de vignerons partenaires travaillant en bio et en biodynamie, non filtré et élevé en vin nature. Le Fleurie Climat « Poncié » est floral et frais, avec la framboise des bois et une élégance fraîche ; le Juliénas « La Bottière » mûrit en pièces bourguignonnes et y gagne en chair et en densité. Le domaine Romanesca, à Fleurie, met ses crus en bouteille parcelle par parcelle : le Romanesca Morgon « Château Gaillard » AOC 2020 unit cerise noire et minéralité fraîche du granite, le Moulin-à-Vent « La Rochelle » montre la puissance de son terroir. Pour découvrir le Beaujolais sous son jour sérieux, ces vins sont un bon point de départ.










