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Jérôme Blin

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Jérôme Blin avec son cheval de trait dans la vigne à Vincelles

Depuis 1671, la famille Blin cultive la vigne à Vincelles, aujourd’hui tournée vers l’agroforesterie et le vivant : chevaux et moutons travaillent dans les vignes, Jérôme élève des abeilles, ramène plantes et arbres entre les ceps et travaille le sol le moins possible. Il exploite 3 hectares dans la Vallée de la Marne, certifiés bio et conduits selon les principes de la biodynamie et de la phytothérapie. 60 pour cent des vignes sont du Meunier, le cépage sous-estimé de cette région. Champagne Jérôme Blin montre ce dont il est capable : des champagnes sans dosage qui ne paraissent pourtant jamais durs.

Lorsque Jérôme est revenu au domaine familial en 1996, l’exploitation était conduite en conventionnel – comme presque toutes celles de la Champagne. Mais le jeune vigneron sentait qu’il manquait quelque chose. Les sols étaient fatigués, les vignes vulnérables, les vins interchangeables. En 2012, il a entamé la conversion vers l’agriculture biologique, en 2018 la biodynamie s’y est ajoutée, puis plus tard la phytothérapie et la radiesthésie. Le changement fut radical : plus d’herbicides ni d’engrais de synthèse, et aussi peu d’interventions que possible, à la vigne comme à la cave. La fermentation se fait avec les levures indigènes, sans filtration ni collage, et l’élevage a lieu en fûts de bois, en amphores et en qvevri.




En savoir plus sur Jérôme Blin

D’une exploitation conventionnelle à la biodynamie

Lorsque Jérôme est revenu au domaine familial en 1996, l’exploitation était conduite en conventionnel – comme presque toutes celles de la Champagne. Mais le jeune vigneron sentait qu’il manquait quelque chose. Les sols étaient fatigués, les vignes vulnérables, les vins interchangeables. En 2012, il a entamé la conversion vers l’agriculture biologique, en 2018 la biodynamie s’y est ajoutée, puis plus tard la phytothérapie et la radiesthésie. Le changement fut radical : plus d’herbicides ni d’engrais de synthèse, et aussi peu d’interventions que possible, à la vigne comme à la cave. La fermentation se fait avec les levures indigènes, sans filtration ni collage, et l’élevage a lieu en fûts de bois, en amphores et en qvevri.

Vignoble biodynamique de Jérôme Blin à Vincelles avec des fleurs sauvages

Domaine Jérôme Blin à Vincelles, Champagne

Vincelles et la Vallée de la Marne

Vincelles se situe sur la rive sud de la Marne, à environ 20 kilomètres à l’ouest d’Épernay. Ici, le Pinot Meunier domine – un cépage longtemps considéré comme le cheval de trait de la Champagne, assez bon pour l’assemblage, mais rarement pour les cuvées parcellaires. Jérôme voit les choses autrement. Ses 3 hectares se répartissent sur de nombreux lieux-dits aux types de sols variés : argile, calcaire, sable, silex. Chaque parcelle est vinifiée séparément, chaque vin raconte sa propre histoire. La Cuvée Meunier sur Sable, par exemple, provient de sols sablonneux et révèle une élégance presque bourguignonne. Dans les environs, à quelques kilomètres à l’est, à Œuilly, Tarlant travaille selon une philosophie similaire : zéro dosage également, même approche centrée sur les lieux-dits, et la même conviction que la Champagne peut offrir bien plus que du simple mousseux de marque.

La philosophie du zéro

Le zéro dosage n’est pas, chez Jérôme Blin, une décision marketing, mais une conséquence logique. Si les raisins sont sains, si la fermentation se déroule spontanément avec des levures sauvages, si le vin a le temps de se développer sur lies – alors il n’a pas besoin de sucre pour paraître rond. La Pouillote, avec ses 3 grammes de dosage, est déjà son champagne le « plus opulent ». La plupart des autres s’en passent totalement. Il en résulte des champagnes d’une précision presque effrayante : tendus, minéraux, dotés d’une acidité qui tranche comme un scalpel – et d’un fruit pourtant bien présent, simplement non masqué par le sucre résiduel.

Des cuvées parcellaires plutôt que des assemblages

Alors que les grandes maisons assemblent des champagnes issus de centaines de parcelles, Jérôme emprunte le chemin inverse. Chacun de ses champagnes provient d’une seule parcelle, souvent de vieilles vignes, et toujours fermenté spontanément. Les Ports est une complantation – un assemblage historique de cépages mêlés composé de Meunier, de Pinot Noir et de Chardonnay, cultivés ensemble et vendangés ensemble. Les Caillasses provient de sols pierreux, La Haute Cirrière des parcelles les plus hautes. Qui boit le Champagne Jérôme Blin ne boit pas une marque – il boit un lieu.