Après nous être promenés entre le nord et le sud de la Bourgogne, il est temps d’explorer le monstre qui se trouve au milieu. Comme un dragon endormi, la Côte d’Or s’étend de Dijon sur près de 50 km vers le sud jusqu’à Chagny.
Le nom ne fait pas référence aux prix que certains de ses vins vieillis peuvent atteindre, mais à la couleur avec laquelle les pentes sont peintes par les feuilles d’automne des vignes. Une autre idée reçue courante est que le nom est une abréviation de Côte d’Orient, car les pentes où poussent les vignes sont (principalement) orientées vers l’est.
Un monstre, un dragon. C’est peut-être un peu exagéré, mais chacun se sent un peu découragé en parlant de l’une des régions viticoles les plus complexes et les plus précieuses du monde.

Commençons par quelques faits simples, en particulier les plus élémentaires.
La Côte d’Or est divisée viticalement en deux régions :
- La Côte de Nuits au nord, nommée d’après la ville de Nuits-Saint-Georges.
- La Côte de Beaune au sud, nommée d’après la ville de Beaune.
La première est le berceau de certains des meilleurs vins rouges de Pinot Noir, tandis que la seconde produit non seulement d’excellents vins rouges mais aussi de magnifiques vins blancs de Chardonnay.
Le sol est principalement composé de calcaire jurassique, ce qui profite à la fois au Chardonnay et au Pinot Noir.
Fin de la partie simple – maintenant commence la monstruosité.
La région pose des énigmes aux géologues du vin depuis très longtemps.
Au 12e siècle, les moines cisterciens et bénédictins avaient déjà remarqué les différences entre les différents crus. Aux 14e et 15e siècles, les ducs de Bourgogne ont tout fait pour promouvoir le développement viticole de la région.
À l’époque moderne, les sols et les sous-sols, les vents et les températures ont été mesurés avec précision.
Et pourtant, personne ne peut définitivement établir le lien entre l’incroyable diversité de nuances qui distingue chaque parcelle de l’autre et les magnifiques vins qui y sont produits.
C’est un mélange de tous les facteurs.
Le climat (mésoclimat) et le sol de chaque cru (par exemple, le calcaire oolitique est plus poreux et assure un meilleur drainage par rapport à la marne) ; les petites vallées (appelées combes), qui mélangent la composition du sol et finissent par modifier l’orientation des pentes ; et les décisions de chaque vigneron (raisins entièrement ou partiellement éraflés, macération, température de fermentation, type de fûts de chêne, etc…).
Et sans oublier que la Côte d’Or est fortement influencée par les variations météorologiques, de sorte que chaque millésime peut présenter de grandes différences. Certaines années, le Pinot Noir a eu du mal à mûrir complètement (2004, 2008, 2011), ce qui a forcé les producteurs à réduire les rendements. Certains millésimes chauds peuvent avoir plus de tanins (1976 et 1983). Et puis nous avons les millésimes incroyablement fins de 1978, 1990, 1999 et 2005.
Mais ce n’est pas encore assez, n’est-ce pas ?
Jetons un coup d’œil à la classification des différents crus. Bonne chance.
Les Grands et Premiers Crus se situent principalement entre 250 et 300 mètres d’altitude, où les pentes sont plus raides et les sols de surface plus pierreux.

Il existe 31 Grands Crus, principalement en Côte de Nuits. Ils sont caractérisés par un seul nom de vignoble (Montrachet, Chambertin, Echézeaux, pour n’en citer que quelques-uns).
Les Premiers Crus portent le nom de la commune suivi de celui du vignoble (par exemple Beaune-Les Greves) ou, s’il s’agit d’un assemblage de différents Premiers Crus, le nom de la commune plus le mot « Premier Cru » (par exemple Nuits-Saint-Georges Premier Cru).
Au troisième niveau se trouve l‘Appellation Communale, ou vins de village. Ils ont le droit d’utiliser le nom de la commune (par exemple Marsannay), parfois suivi du nom du vignoble spécifique en caractères plus petits.
Au niveau le plus bas, nous avons les vins qui ne peuvent être vendus que sous le nom de « Bourgogne ».
Bien que ce système de classement puisse donner une certaine indication sur la qualité des vins, nous devons nous souvenir qu’on trouve souvent de véritables bonnes affaires parmi les classifications inférieures. Un exemple qui mérite d’être mentionné est la région des Hautes-Côtes (« de Beaune » et « de Nuits »), qui se situe au-dessus de 400m et est exposée à des températures plus basses. Les vins sont légers et fins et dans certaines années chaudes comme 2009, vraiment exceptionnels.
La Côte d’Or est définitivement un endroit où tout amateur de vin peut se perdre pour toujours et agréablement.
Les vins rouges peuvent être plus puissants ou plus élégants, mais ils montrent tous une grande concentration. Avec le temps, le bouquet des fruits rouges souples devient de plus en plus complexe et atteint le terme français sous-bois.
Les vins blancs se caractérisent par leur corps plein, leur acidité équilibrée et la persistance de leurs arômes. Les notes boisées disparaissent avec le temps et laissent place à la finesse du fruit.
Finalement, nous adorons cette complexité !
Les différences infinies entre les parcelles et les merveilles de l’élevage du vin sont les petites gourmandises autour de nos verres bien remplis.
Sous-bois
« Sous-bois » est un terme français qui désigne le sous-étage forestier. Au sens littéral, il se réfère à la zone sous la couronne des arbres dans une forêt, y compris les petits arbres, les arbustes, les herbes, les graminées et le sol forestier, généralement caractérisé par l’ombre, des températures plus fraîches et une humidité élevée. Le sous-bois est une partie importante de tout écosystème forestier et offre un habitat à une grande variété d’organismes.
Dans le contexte de l’art, « sous-bois » est souvent utilisé pour décrire un genre de peinture représentant des paysages forestiers, en particulier la végétation dense sous la couronne des arbres. Ce style était particulièrement populaire chez de nombreux peintres des XIXe et début XXe siècles, notamment les impressionnistes et post-impressionnistes comme Vincent van Gogh et Paul Cézanne.
Dans le contexte du vin, le terme „sous-bois“ est utilisé pour décrire certains arômes et saveurs qui peuvent rappeler un sol forestier ou un sous-bois. Ce terme peut faire référence à une série d’odeurs et de saveurs, notamment terreuses, champignons, feuilles humides, mousse ou sol humide.
Ces caractéristiques se retrouvent souvent dans les vins rouges vieillis, en particulier dans ceux de Bourgogne, élaborés à partir de raisins Pinot Noir, mais peuvent également être présentes dans d’autres vins. Les notes de „sous-bois“ dans un vin sont souvent considérées comme un signe de complexité et peuvent ajouter de la profondeur au profil gustatif d’un vin. Comme pour tous les aspects de la dégustation de vin, il peut dépendre de la préférence personnelle que ces caractéristiques soient considérées comme positives ou négatives.
Une petite boussole de Vins Vivants.
Chavy-Chouet
Chavy-Chouet peut être un merveilleux point de départ pour explorer les possibilités que la région offre.

Situé en Côte de Beaune, le domaine dirigé aujourd’hui par Romaric Chavy et son épouse offre un portefeuille impressionnant de terroirs. Les excellentes parcelles à Meursault (« Les Narvaux », « Les Charmes », « Les Genevrières » et le monopole « Clos de Corvèes de Citeau ») sont complétées par les Premiers Crus « Les Chanlins » à Pommard et « Les Folatières » à Puligny-Montrachet. Le « Bourgogne blanc » et le « Bourgogne rouge » de base offrent déjà une grande valeur pour un prix très abordable, tandis que le Bourgogne Aligoté « Les Maréchaux » peut vous donner une idée de ce cépage autochtone redécouvert.
Je vous laisse le plaisir de parcourir ce portefeuille, je ne peux que tenter de décrire le style de Chavy-Chouet comme frais et précis, porté par la puissance et la finesse.
Malgré son jeune âge, Romaric Chavy a sept générations de vignerons derrière lui.
Il cultive des vignes qui ont jusqu’à 70 ans, et ce depuis 30 ans sans herbicides et depuis plusieurs années en agriculture biologique.
Trapet Père & Fils
En Côte de Nuits, la Domaine Trapet Père et Fils a décidé d’extraire l’essence du terroir de Gevrey-Chambertin.

Le terme terroir est bien plus qu’un lieu. C’est la fusion du sol, du climat et des hommes.
Le « Chambertin Grand Cru » résume tout cela dans une bouteille. Il y a le prestige d’un nom qui apparaît pour la première fois dans les documents de 630, mais aussi le moment où Arthur Trapet a décidé d’acheter sa première parcelle ici en 1919. Il y a la complexité d’un sol de calcaire marneux avec une excellente argile. Il y a tout un univers infini.
« Cuvée Ostrea » est un assemblage des plus vieilles vignes du domaine. Le nom provient de l’huître fossilisée Ostrea Acuminata trouvée dans les parcelles de Gevrey. Le vin lui-même est un hommage au sol, ici pour nous rappeler comment la terre est le véritable principe du travail de chaque vigneron.
La Domaine Trapet Père et Fils est un incontournable pour quiconque souhaite explorer les profondeurs qui se cachent sous la Bourgogne, en particulier toutes les petites nuances délicates de Gevrey-Chambertin.
Darviot-Perrin
De retour en Côte de Beaune, nous trouvons le domaine Darviot-Perrin.
Le domaine Darviot-Perrin en Côte de Beaune trouve ses origines dans l’expérience et les terres que Didier Darviot a reçues de son beau-père et légende du vignoble Pierre Perrin. Aujourd’hui, cette propriété de 11 hectares comprend certains des plus beaux vignobles pour les vins rouges et blancs de Bourgogne. L’accent est mis sur le soin biodynamique des vignobles et l’intervention minimale. L’objectif est de préserver au mieux la qualité des raisins.
Didier a pris sa retraite en 2017 et a confié la direction du domaine à son fils Pierre-Antonin, qui a converti la production à 100% biodynamique. Les vignes des vignobles ont en moyenne 60 ans, certaines ayant même plus de 90 ans, et sont fertilisées avec du compost organique.

Les sols de Chassagne-Montrachet sont un peu moins pierreux que ceux de Puligny, avec plus d’argile et un peu plus de marne. Cela produit des Chardonnays qui sont un peu plus pleins, plus juteux et plus fruités que leurs voisins.
Le Chassagne-Montrachet 1er Cru Blanchots Dessus de Didier Darviot est une remarquable harmonie entre les dons de la nature et le savoir-faire du vigneron. Né dans le calcaire graveleux de son petit vignoble vénérable – affectueusement appelé « Pieds du Montrachet » par les habitants – ce vin séduit par son caractère prononcé.
Au fil des millésimes, il a été constamment célébré pour sa note fraîche mais mûre, sa richesse corsée, sa sensation en bouche séduisante et une finale vive et ferme, avec une touche de salinité qui apporte une twist unique. Le Chassagne-Montrachet 1er Cru Blanchots Dessus reste un récit captivant d’histoire, de goût raffiné et de plaisir sensuel.
Nous vous souhaitons beaucoup de plaisir à la dégustation !
Vous trouverez ici tous nos vignerons de Bourgogne.
