Baños de Ebro : Artuke
Arturo et Kike de Miguel ont donné leur propre nom à leur domaine. Ar-tu-ke. Arturo est rentré avec un diplôme d’ingénieur agronome, et on lui avait appris que 200 % de bois neuf étaient le but à atteindre. Il lui a fallu quelques millésimes pour l’oublier. Aujourd’hui, il ne plante plus qu’en gobelet. Sa parcelle la plus célèbre s’appelle La Condenada, la Condamnée. Avec le 2020, Tim Atkin a donné pour la première fois cent points à un Rioja rouge. Sur la bouteille figure pourtant la contre-étiquette verte la plus simple, parce qu’Arturo refuse les nouvelles mentions parcellaires. « Pourquoi ne puis-je pas étiqueter tous mes vins du nom de mon village ? » Bonne question.
Finca de los Locos 2021
Tempranillo, Graciano, Viura · Baños de Ebro · env. 27,50 €
Finca de los Locos, c’est la terrasse au-dessus de l’Èbre que leur grand-père a achetée en 1950. Le village le tenait pour fou, d’où le nom. Sable et graviers, trois fois plus de calcaire que d’ordinaire. Les vignes datent de 1981, le vin passe quatorze mois en vieux foudres. Prune, cynorrhodon, fumée froide, puis le cassis et la craie. En bouche, il a d’abord de la poigne, puis, à l’air, il devient lumineux et net. Tanin au grain fin, acidité fraîche, 13,8 %. Luis Gutiérrez lui a donné 94 points en saluant des tanins très fins, et il a raison. Je le boirais maintenant avec des caparrones, le ragoût de petits haricots rouges. Ou je lui laisserais encore deux ans.
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Trascuevas 2024
Viura, Palomino, Malvasía · Baños de Ebro, Ábalos, Samaniego · env. 42 €
Le Rioja blanc est une discipline à part entière. Celui-ci compte parmi les meilleurs que je connaisse. Viura, palomino et malvasía de vignes plus que cinquantenaires, issus de trois vignobles, pressurés en grappes entières, onze mois d’élevage, moitié en foudre, moitié en béton. Fleur d’amandier, poire verte, mirabelle. Puis la pierre fraîchement taillée et le sel, presque comme une croûte de bretzel. Tendu et juteux, avec en finale une fine amertume qui lui donne de la longueur. Gutiérrez et Suckling lui ont donné chacun 95 points, et pour une fois, je suis d’accord avec les deux. Avec un bacalao al pil-pil. Ou bien frais, avec des amandes et des olives, avant même qu’on se mette aux fourneaux.
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Paso las Mañas 2021
Tempranillo · Samaniego · env. 35 €
Paso las Mañas est le coteau le plus haut de Samaniego. Un peu moins de quatre hectares d’argile et de calcaire exposés au sud, plantés en 1999. La deuxième année, le vent a brisé trois cents ceps ; depuis, chaque pied a ici son échalas, et l’on vendange un mois plus tard que dans les autres parcelles de la maison. Fruits rouges, terre, herbes, rien de trop. Un vin limpide comme un torrent de montagne, au tanin crayeux et plein de mâche. Gutiérrez a parlé d’un nez explosif de framboise, 95 points, pour un degré modéré de 13,6 %. De l’agneau grillé aux sarments. Ou un morceau d’Idiazábal.
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